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Lorsqu’un proche décède, la douleur laisse vite place à une urgence bien concrète : comment financer les obsèques sans tarder ? Bonne nouvelle, à partir de 2026, il sera possible de retirer jusqu’à 5 965 euros depuis le compte du défunt, sans même passer par un notaire. Voici ce qu’il faut savoir pour bénéficier de ce mécanisme en toute légalité.
Obsèques : une facture à régler dans les jours qui suivent
Dès les premières heures après un décès, la famille doit prendre des décisions importantes : pompes funèbres, type de cérémonie, lieu d’inhumation ou de crémation. Ces prestations coûtent cher. En moyenne, elles s’élèvent entre 4 000 et 5 000 euros, et souvent bien plus en cas de prestations personnalisées.
Problème : les comptes bancaires du défunt sont bloqués dès que le décès est connu. Mais la loi oblige malgré tout les proches – même ceux qui renoncent à l’héritage – à régler ces frais d’obsèques. Il faut parfois avancer la totalité de la somme, souvent par un enfant, un conjoint, un ami ou tout autre proche.
Une facilité de paiement directement sur le compte du défunt
Heureusement, la législation permet de régler en partie ou en totalité la facture depuis les avoirs bancaires du défunt. Selon l’article L.312-1-4 du Code monétaire et financier, toute personne qui organise les funérailles peut demander à la banque de prélever le montant nécessaire dans une limite légale bien définie.
Ce mécanisme est simple à mettre en œuvre :
- Présenter à la banque une facture d’obsèques (payée ou non)
- La banque peut verser la somme directement au prestataire funéraire ou rembourser la personne ayant avancé les frais
Depuis le 1er janvier 2026, le plafond de ce remboursement a été porté à 5 965 €, contre 5 910 € en 2025 et 5 000 € à l’origine en 2015. Il suit ainsi l’évolution du coût moyen des obsèques en France.
Deux conditions strictes à respecter
Ce droit n’est pas automatique à hauteur de 5 965 €. Il est encadré par deux limites incontournables :
- Le solde du ou des comptes du défunt : la banque ne peut pas verser une somme supérieure à ce qui est effectivement disponible.
- Le plafond réglementaire de 5 965 € : même si une personne décédée laissait 10 000 € sur ses comptes, seuls 5 965 € peuvent être utilisés dans ce cadre.
Autrement dit, la banque versera le montant le plus faible entre le solde disponible et le plafond légal.
Et si le compte ne suffit pas ?
Dans de nombreux cas, le défunt n’a pas laissé assez d’argent ou la facture dépasse le plafond. Dans ce cas, le reste de la somme est à la charge des héritiers.
La règle veut que chaque héritier participe au prorata de sa part dans la succession. Si deux enfants se partagent l’héritage, chacun devra verser la moitié de ce qu’il reste à payer, même s’il décide de renoncer à l’héritage.
Se faire rembourser par les autres héritiers
Celui qui paie d’avance les frais – qu’il soit héritier ou simple proche – peut demander un remboursement aux autres héritiers. En général, cela se fait à l’amiable, sur présentation de la facture.
Mais si des héritiers refusent de payer leur part, il est possible de :
- Faire appel à un commissaire de justice (ancien huissier)
- Saisir le tribunal judiciaire pour faire valoir son droit
Ces démarches permettent de faire appliquer l’équité entre tous les héritiers, même en cas de tensions dans la famille.
Un mécanisme utile, encore peu connu
Beaucoup ignorent encore qu’ils peuvent utiliser l’argent du défunt pour payer les obsèques sans attendre le notaire. Ce dispositif évite aux proches de devoir contracter un prêt ou de mobiliser des économies personnelles dans un moment déjà douloureux.
Pensez-y : pour en profiter, il suffit de demander un simple prélèvement à la banque sur présentation de la facture. Une façon pratique et rapide d’éviter des soucis financiers supplémentaires.












